Dans un écosystème luxembourgeois où la sophistication des expertises est la norme, les passerelles entre métiers naissent rarement de manière fortuite. Elles s’appuient sur des mises en relation qualifiées et à forte valeur ajoutée, à l’image du rôle joué par Hubfinance, véritable catalyseur de connexions ciblées entre acteurs complémentaires du marché.
C’est dans cette dynamique que s’est construite la relation entre Createrra et Fundamentals, à la suite d’une mise en relation initiée par Hubfinance entre Auriane Cinar, Head of Sales & Business Development chez Fundamentals, et Franck Lortilloir, Senior Wealth Manager chez Createrra. Ce premier point de contact a rapidement donné lieu à des échanges approfondis, amorçant un dialogue de fond entre deux univers experts.
De cette rencontre est née une convergence naturelle entre structuration de véhicules d’investissement et ingénierie patrimoniale, révélant une complémentarité évidente et posant les fondations d’une collaboration désormais structurée et pleinement opérationnelle.
Votre collaboration est née d’une mise en relation via Hubfinance, mais une mise en relation ne devient pas toujours une vraie synergie. Qu’est-ce qui, dans vos échanges, a fait basculer la conversation d’un simple contact réseau vers une logique de collaboration concrète ?
La rencontre démarre simplement, par un échange de présentation et de découverte des activités respectives. Très vite, chacun réalise qu’il ne connaît qu’une partie de l’univers de l’autre.
La structuration de fonds, l’administration et les aspects juridiques d’un côté. Le wealth management et la banque privée de l’autre, où les fonds sont surtout vus comme des outils d’investissement.
Auriane explique avoir rapidement identifié chez Franck une exposition très large, allant des asset managers aux banquiers privés, family offices et investisseurs, avec une vraie logique d’optimisation et de structuration de portefeuilles. Elle souligne que les discussions, contrairement à d’autres échanges avec des asset managers souvent très techniques, ont tout de suite pris une dimension plus globale.
Franck reconnaît de son côté qu’il découvrait encore en profondeur l’univers de la structuration. Les fonds faisaient partie de son quotidien, mais sans connaître toute la mécanique derrière. Il a donc commencé à poser des questions, et continue encore aujourd’hui, parfois plusieurs fois les mêmes.
C’est ce dialogue très simple qui a installé quelque chose de différent. Les échanges sont devenus plus réguliers, plus concrets, et une vraie curiosité mutuelle s’est installée. Progressivement, la collaboration s’est imposée naturellement, portée par une évidence : les deux univers se complètent beaucoup plus qu’ils ne se croisent.
Franck côté wealth management à quel moment un besoin client fait-il franchir le pas d’une logique d’allocation classique vers une structuration plus aboutie fonds dédié feeder luxembourgeois véhicule sur mesure Qu’est-ce qui déclenche ce passage ?
Franck :
Je pars toujours de la situation du client, jamais d’une structure ou d’un produit.
Pendant longtemps, les fonds étaient pour moi des outils d’allocation dans des portefeuilles. Puis, au fil du temps et des échanges avec Auriane, ma vision s’est élargie.
Le basculement intervient lorsque la situation devient plus complexe : enjeux de transmission, horizon long terme, structuration patrimoniale ou besoin d’accès international.
À partir du moment où une allocation classique ne suffit plus, la réflexion évolue naturellement vers des solutions comme les fonds dédiés, les feeders ou des véhicules sur mesure.
Auriane est-ce que travailler en amont avec des wealth managers comme Createrra change la façon dont vous concevez un véhicule dès l’origine dans sa structure sa flexibilité et son adéquation au profil des investisseurs finaux ?
Auriane :
Les fondamentaux de la structuration restent les mêmes : concevoir des véhicules robustes, efficaces et adaptés aux objectifs poursuivis.
Ce qui change, c’est la qualité de la lecture en amont. Travailler avec un wealth manager permet d’intégrer très tôt la réalité des investisseurs finaux : leur profil, leurs contraintes, leur horizon et leur manière d’investir.
Cela apporte une vision beaucoup plus concrète, qui complète l’approche technique et réglementaire de la structuration.
Au final, les véhicules sont mieux alignés avec leur usage réel, plus cohérents et plus flexibles.
Sans entrer dans des éléments confidentiels, pouvez-vous décrire un cheminement client type qui a conduit à une architecture de structuration que ni l’un ni l’autre n’aurait construite seul ?
Franck évoque plusieurs situations récentes, notamment avec des acteurs du private equity et de l’immobilier, qui cherchent à élargir leur base d’investisseurs.
Très souvent, tout part d’une question simple : quels investisseurs sont ciblés, avec une réponse récurrente orientée vers l’international.
C’est à partir de là que la connexion avec Auriane se fait naturellement.
Auriane explique que ces situations évoluent souvent en cours de route. Une intention d’investissement devient progressivement un projet plus structuré, avec des enjeux d’ouverture, de distribution ou d’internationalisation.
Franck insiste sur l’importance de la relation humaine et de l’instinct dans sa manière de travailler. Au-delà de la compétence, c’est aussi la façon de collaborer qui compte.
Avec Auriane, la dynamique s’est installée naturellement, portée par des échanges simples, une confiance progressive et une compréhension mutuelle des univers respectifs.
Au final, les solutions qui émergent ne sont pas une addition de deux approches, mais une construction commune qui dépasse le point de départ.
Au final, qu’est-ce que cette collaboration change concrètement pour le client patrimonial lui-même dans la qualité de la solution proposée ou dans ce qui devient possible en termes de structuration ?
Le principal bénéfice pour le client est d’avoir une vision beaucoup plus globale de son projet. Il bénéficie à la fois d’une réflexion sur l’investissement, l’allocation d’actifs et les objectifs de performance, mais également sur la manière de structurer son projet dans la durée, explique Auriane.
Cette approche permet de prendre en compte des dimensions souvent liées entre elles : gouvernance, ouverture à de nouveaux investisseurs, développement futur du véhicule ou encore organisation patrimoniale.
En réunissant les expertises du wealth management, de la structuration et de l’administration de fonds, nous sommes en mesure d’accompagner le client à différentes étapes de son projet, avec une vision cohérente de l’ensemble.
Pour Franck, la principale valeur de cette collaboration réside dans l’élargissement du champ des possibles. Chaque expertise apporte sa propre grille de lecture et permet d’envisager des solutions qui n’auraient pas forcément émergé dans une réflexion menée de manière isolée.
Cette complémentarité enrichit l’analyse des besoins et ouvre la porte à des approches plus adaptées, parfois plus ambitieuses, toujours construites autour de la situation du client.
La philosophie reste la même : comprendre d’abord les objectifs, les contraintes et les enjeux avant de parler de structures ou de véhicules. L’ambition n’est pas de faire entrer un client dans une solution existante, mais de bâtir une réponse cohérente avec sa réalité patrimoniale et ses projets.
On imagine souvent la structuration de fonds au Luxembourg réservée aux grands acteurs institutionnels. Est-ce encore le cas aujourd’hui et qu’est-ce qui rend ces solutions accessibles à une clientèle patrimoniale plus large ?
Auriane explique que cette perception était vraie il y a quelques années, mais qu’elle ne correspond plus au marché actuel.
Les structures luxembourgeoises sont devenues beaucoup plus flexibles et permettent aujourd’hui d’accompagner des projets bien au-delà des institutionnels.
On voit désormais des entrepreneurs, des family offices et des gérants émergents utiliser ces solutions pour structurer leurs activités ou leurs investissements.
Franck ajoute que cette évolution est très visible sur le terrain, avec des profils de clients beaucoup plus variés qu’auparavant.
Auriane précise que la démocratisation des solutions d’investissement a aussi largement contribué à cette ouverture.
Aujourd’hui, ce n’est plus uniquement une question de taille, mais surtout de logique de projet et de cohérence globale.
