Entretien avec Pascal Rapallino, Associé & Co-gérant de Côme Maison Financière et Chairman de la LAFO
Comment la gestion de patrimoine des grandes fortunes internationales s'adapte-t-elle à un monde sans frontières ? Pour le comprendre, nous avons interrogé Pascal Rapallino, Associé et Co-gérant chez Côme Maison Financière Luxembourg.
En tant que Président de la LAFO et avocat spécialisé en Private Equity, Pascal évolue au carrefour des stratégies patrimoniales européennes. Il nous livre un diagnostic précis sur les bouleversements actuels : de l'éparpillement des actifs à la mobilité fiscale des familles, découvrez son analyse des forces qui redessinent aujourd'hui l'accompagnement des très hauts patrimoines.
La fin du modèle d'homogénéité patrimoniale
Le modèle de structuration des fortunes des grandes familles a connu une transformation radicale. Il y a vingt ans, l'équation était simple : la famille (la personne physique), les véhicules de regroupement d'actifs et les sous-jacents (les investissements) se trouvaient, dans la majorité des cas, dans la même juridiction (Suisse, Luxembourg, etc.).
Aujourd'hui, Pascal Rapallino souligne que cette homogénéité a pratiquement disparu. La tendance est à une diversification géographique "absolument hallucinante", estimant que près de 80% des familles ne concentrent plus les trois composantes du patrimoine au même endroit.
Le nouveau triptyque international des Family Offices
L'approche moderne des Family Offices s'articule désormais autour d'un triptyque géographique et fiscal dissocié. D'une part, on observe un mouvement vers certains pays comme l'Italie pour la Résidence Fiscale de la Famille grâce à leurs régimes fiscaux avantageux. D'autre part, le Luxembourg conserve un rôle central pour les Véhicules de Structuration destinés aux investissements européens. Enfin, la catégorie des Sous-jacents d'Investissement est caractérisée par une diversification maximale couvrant différentes zones : les États-Unis et la Tech US restent incontournables, Israël joue un rôle important malgré les tensions, l'Asie est présente pour d'autres secteurs, tandis que la résilience européenne est valorisée par un fort « patriotisme » d'investissement local.