Entre volonté de reprendre la main sur leurs investissements et besoin de conserver un cadre structuré, de nouveaux modèles émergent, à la frontière entre fonds traditionnels et investissement direct.
Dans cet échange, l’équipe de Capital Croissance revient sur ces évolutions et sur la manière dont des approches hybrides, comme K2 Collective, tentent d’apporter une réponse concrète aux attentes des investisseurs.
Les attentes des family offices ont-elles, selon vous, profondément évolué dans leur manière d’aborder le private equity ?
Oui, on observe une évolution assez nette dans la manière dont les family offices abordent le private equity. Historiquement, beaucoup ont investi en direct, en s’appuyant sur leur réseau entrepreneurial et leur proximité avec les dirigeants. Les fonds ont ensuite apporté des éléments essentiels : diversification, professionnalisation des processus et accès à des opportunités plus larges.
Aujourd’hui, on voit une nouvelle manière d’aborder le private equity. De nombreuses familles souhaitent reprendre davantage de maîtrise sur leurs investissements : choisir plus précisément les opérations auxquelles elles participent, comprendre en profondeur les entreprises et maîtriser davantage leur rythme d’investissement.
Dans le même temps, elles ne souhaitent pas forcément renoncer aux avantages d’un cadre structuré : discipline d’investissement, analyse approfondie des dossiers, gouvernance claire et gestion collective des risques.
Cette double aspiration, plus de liberté dans les choix sans perdre la rigueur d’un fonds, explique l’intérêt croissant pour des approches hybrides, qui cherchent à concilier autonomie des investisseurs et structuration institutionnelle.
Pourquoi les modèles hybrides entre fonds fermé et investissement deal-by-deal restent-ils difficiles à structurer dans la durée ?
Les modèles hybrides cherchent à concilier deux logiques d’investissement qui reposent sur des dynamiques assez différentes.
Un fonds fermé fonctionne selon une discipline collective : un horizon d’investissement défini, des décisions centralisées et une construction de portefeuille progressive dans le temps. Cette structure apporte de la visibilité et permet de gérer le risque à l’échelle du portefeuille.
À l’inverse, l’investissement deal-by-deal repose sur le choix individuel de chaque investisseur. Chaque famille peut décider de participer ou non à une opportunité, en fonction de ses convictions, de sa liquidité ou de sa stratégie patrimoniale.
Le défi est donc d’éviter deux écueils. D’un côté, une structure trop rigide qui recrée simplement un fonds classique. De l’autre, une organisation trop opportuniste, parfois lacunaire en matière de due diligence et de transparence, où l’absence d’engagement collectif peut rendre difficile la construction d’un portefeuille cohérent.
Pour fonctionner dans la durée, ces modèles doivent trouver un équilibre subtil entre discipline collective, alignement des intérêts et liberté individuelle, ce qui suppose une architecture juridique et une gouvernance particulièrement claires.
Une autre approche consiste à souscrire aux co-investissements proposés par les fonds fermés. Cette pratique s'est beaucoup développée ces dernières années, au point de devenir une stratégie à part entière pour certains investisseurs. Elle permet notamment de se surexposer sur une opération à des conditions économiques souvent plus attractives. Mais dans la pratique, l’accès à ces opportunités reste généralement conditionné à une exposition primaire dans le fonds à l’origine de la transaction. L’alignement entre les parties n’est pas toujours parfait et, surtout, prendre une décision d’investissement direct éclairée existe des ressources importantes, en temps et en expertise. On dispose encore de peu de recul statistique sur l’impact réel de ces co-investissements sur la performance globale des investisseurs qui la pratiquent.
En quoi l’architecture du K2 Collective (Core Fund et co-investissement des familles) redéfinit-elle l’alignement entre investisseurs ?
L’architecture de K2 Collective a été pensée précisément pour répondre à la recherche d’équilibre entre cadre collectif et liberté d’investissement, fruit de discussions avec les familles investisseurs de Capital Croissance depuis l’origine de la plateforme.
K2 Collective incarne une approche différente de celle des fonds classiques. Ces logiques rigidifient parfois le déploiement du capital, limitent l’agilité et favorisent des dynamiques d’investissement plus mimétiques. À l’inverse, la base de capital familial de K2 Collective permet d’aborder les transactions avec davantage de souplesse, que ce soit dans l’horizon d’investissement, la gouvernance ou la structuration des opérations, notamment en equity et en flex equity.
Le programme place les investisseurs familiaux au cœur de la dynamique d’investissement. Les familles ont accès à l’ensemble du deal flow de l’équipe et peuvent choisir de renforcer leur exposition sur certaines opérations selon leurs convictions et leur stratégie patrimoniale.
Pour fonctionner dans la durée, le modèle repose sur deux piliers complémentaires : un socle collectif assurant continuité, diversification et discipline d’investissement, et des mécanismes permettant une participation directe à certaines opportunités.
La différence avec le co-investissement classique est importante. Il ne s’agit pas de compléter ponctuellement un tour de table, mais d’organiser dès l’origine la place des investisseurs dans les transactions. Les familles participent ainsi à des opérations sélectionnées dans le cadre de la stratégie globale.
Ce dispositif crée un alignement particulièrement clair : tous partagent l’exposition au portefeuille commun et une logique de long terme, tout en conservant la possibilité d’exprimer leurs convictions sur certaines opérations. L’objectif est de combiner la rigueur et la continuité d’un fonds avec la flexibilité et l’engagement propres à l’investissement direct.
Dans l’investissement direct, où se joue réellement la création de valeur : discipline d’entrée, gouvernance ou accompagnement opérationnel ?
La création de valeur dans l’investissement direct ne repose généralement pas sur un seul facteur, mais sur la combinaison de plusieurs dimensions.
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La discipline d’entrée reste évidemment déterminante. Choisir la bonne entreprise, au bon moment, avec une structure d’opération adaptée conditionne une grande partie du résultat futur. La qualité du sourcing et la capacité d’analyse jouent ici un rôle central.
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Mais la structuration des instruments pour gérer le risque de downside et saisir l'upside et la gouvernance deviennent ensuite des leviers clés, en particulier dans les PME et les ETI. L’investisseur n’est pas seulement un apporteur de capital : il participe souvent aux décisions structurantes, aux réflexions stratégiques et à la mise en place d’outils de pilotage.
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Enfin, l’accompagnement opérationnel peut accélérer certaines transformations : structuration financière, développement international, croissance externe ou renforcement des équipes. C’est d’ailleurs particulièrement vrai sur le segment small et lower mid-market sur lequel nous nous positionnons : ce sont souvent des entreprises où l’accompagnement stratégique et opérationnel crée le plus de valeur.
Dans les faits, la performance provient souvent de la capacité à articuler ces trois dimensions : bien entrer, bien gouverner et bien accompagner dans la durée.
Pour une famille déjà active en private equity, qu’apporte concrètement un programme structuré comme K2 en termes de construction de portefeuille et de maîtrise du rythme ?
Pour une famille déjà active en private equity, l’enjeu n’est généralement plus l’accès aux opportunités, mais la manière de structurer son portefeuille dans le temps. Investir en direct peut offrir de très belles opportunités, mais conduit parfois à des portefeuilles construits de manière opportuniste, avec des rythmes irréguliers et une diversification limitée.
Un programme structuré comme K2 apporte un cadre. Le Core Fund permet de construire progressivement un portefeuille cohérent et diversifié, avec une continuité d’investissement. En parallèle, les mécanismes de co-investissement permettent de renforcer l’exposition sur certaines opérations en fonction des convictions.
Pour beaucoup de family offices aux équipes resserrées, cette approche permet aussi d’élargir leur capacité d’action. En s’appuyant sur K2, ils bénéficient d’une équipe étendue, capable d’identifier et de structurer davantage d’opportunités.
La transparence du programme et la proximité avec les familles sont également clés. Certaines participent aux réunions d’investissement, parfois à plusieurs générations, tandis que l’équipe bénéficie en retour de leur expérience et de leurs réseaux.
Concrètement, K2 Collective permet de combiner discipline de construction de portefeuille, accès régulier aux opportunités et liberté de choix, tout en offrant une meilleure visibilité sur le rythme d’investissement et la gestion du capital engagé. K2 Collective crée ainsi un véritable espace d’échange entre investisseurs, équipe et dirigeants, où l’intelligence collective devient un levier de création de valeur.