Après plus de deux décennies passées au sein de grandes institutions financières, le passage à l'indépendance représente souvent une quête d'alignement et d'agilité. Avec vingt-sept années d'expérience en banque privée, dont treize chez Edmond de Rothschild, Franck Lortilloir a fait le choix de rejoindre Createrra Finance en tant que Senior Wealth Manager. Ce cabinet se distingue par une offre de gestion de patrimoine globale, structurée autour d'une architecture totalement ouverte et d'une approche sur-mesure qui intègre les dimensions financières, familiales, fiscales et juridiques.
Dans cette interview exclusive pour Hubfinance, il revient sur ce tournant décisif de sa carrière, décrypte les véritables enjeux du métier de conseiller face à une clientèle exigeante, et partage des leçons précieuses pour les jeunes professionnels du secteur.
Après 27 ans en banque privée, dont 13 ans chez Edmond de Rothschild, qu’est-ce qui a réellement déclenché votre passage vers l’indépendance chez Createrra Finance ?
Je pense qu'à un moment dans une carrière, on ressent le besoin d'aligner complètement sa vision du métier avec sa manière de travailler. J'avais besoin de plus d'indépendance. J'avais acquis rigueur, exigence et culture du service. J'avais la conviction que les clients recherchaient également plus de personnalisation et de lisibilité dans les conseils que je pouvais leur apporter.
Le passage vers Createrra Finance a été une démarche très naturelle : retrouver plus d'agilité, plus de liberté dans les allocations et surtout une approche encore plus alignée avec les intérêts du client.
Avec le recul, qu’est-ce que les jeunes professionnels sous-estiment le plus en entrant en banque privée ?
Ils sous estiment souvent que ce métier est avant tout un métier humain avant d'être un métier financier. La technique est importante, bien sûr. Mais les clients fortunés n'attendent pas seulement des produits ou des performances. Ils attendent quelqu'un capable de comprendre les enjeux familiaux, entrepreneuriaux, émotionnels parfois. Et surtout, ils attendent de la constance et de la confiance dans le temps. La relation se construit sur des années.
Ce métier demande beaucoup plus d'écoute, de discipline et de résilience qu'on ne l'imagine au départ.
Dans votre expérience, qu’est-ce qui fait aujourd’hui la différence entre un bon banquier privé et un excellent conseiller en gestion de fortune ?
Un bon banquier privé maitrise les marchés, les produits et les solutions patrimoniales. Mais un excellent conseiller apporte surtout de la clarté dans des environnements devenus complexes. Aujourd'hui, les clients ont accès à l'information.
La vraie valeur ajoutée n'est plus de donner accès à un produit mais d'aider à construire une stratégie cohérente dans la durée. Cela demande de la vision, de l'indépendance intellectuelle, de l'expérience et parfois, la capacité et le courage de parfois imposer ses idées ou nuancer les certitudes des clients quand on a l’intime conviction que c’est dans leur intérêt et ceux de leur famille. La confiance se construit beaucoup dans ces moments-là.
À partir d’un certain niveau de patrimoine, la performance reste-t-elle le principal sujet… ou la qualité de la stratégie globale et de la relation client prend-elle le dessus ?
La performance reste importante, évidemment. Mais à partir d'un certain niveau de patrimoine, elle devient presque une conséquence d'une stratégie bien construite. Les grandes préoccupations deviennent souvent la pérennité du patrimoine, la transmission, la maitrise des risques, la cohérence globale des allocations et la qualité des interlocuteurs autour du client.
C'est d'ailleurs un élément essentiel de mon argumentation : je ne suis pas le plus technique mais je m'entoure des meilleurs professionnels du patrimoine en fonction de chaque client.
Si vous deviez transmettre une seule leçon tirée de vos 27 ans de carrière à un jeune banquier privé, laquelle serait-elle ?
Je lui dirais de ne jamais construire sa carrière uniquement sur des chiffres ou la performance de court terme. Dans ce métier, la réputation, la qualité de la relation et la confiance construite dans le temps sont essentiels.
Les marchés montent assez souvent, baissent parfois, les cycles changent... Mais les clients se souviennent toujours de la manière dont vous les avez accompagnés, et particulièrement dans les périodes difficiles. C'est là que se construit une carrière durable.
