La montée des exigences réglementaires et des attentes des investisseurs a profondément transformé les critères de décision : la durabilité s’impose aujourd’hui comme un standard de marché.
Pour Julie Pradeau, Head of Sales & Development chez Chloé in the Sky, la finance durable est entrée dans une phase de maturité : celle où les engagements doivent désormais être soutenus par des preuves concrètes, des données fiables et une cohérence stratégique assumée.
Dirigeante engagée, Julie accompagne le développement de CITS en structurant des démarches commerciales durables, intégrant les enjeux économiques, carbone et réglementaires dans un environnement en profonde mutation. Son approche est claire : faire de la durabilité un levier de création de valeur et de pérennité, et non un exercice cosmétique.
Dans quelle mesure la durabilité guide-t-elle aujourd’hui les décisions patrimoniales ?
L’intégration progresse nettement, portée à la fois par les évolutions réglementaires européennes et par une prise de conscience accélérée des investisseurs.
On observe d’ailleurs que les clients ne veulent plus seulement du reporting : ils souhaitent comprendre l’impact réel de leurs choix.
Voyez-vous un arbitrage entre performance et durabilité ?
Certains secteurs durables manquent encore de maturité, mais sur le long terme, les entreprises bien notées en ESG démontrent une meilleure résilience et une performance comparable, voire supérieure, aux indices traditionnels.
Elles affichent souvent une gouvernance plus robuste et une meilleure capacité d’adaptation aux chocs macroéconomiques.
La durabilité devient progressivement un signal de qualité de gestion, plutôt qu’un frein à la performance. Elle s’inscrit dans une logique de gestion du risque global, au même titre que la diversification ou la liquidité.
Les jeunes générations imposent-elles un changement de paradigme ?
Oui, elles accélèrent nettement la transition. Elles exigent une transparence totale, refusent les approches superficielles et orientent leurs choix vers des solutions réellement alignées avec leurs valeurs.
Leur poids financier grandit, mais leur influence culturelle est déjà déterminante.
Elles imposent également un nouveau tempo : celui d’une finance plus lisible, plus responsable et plus cohérente.
Le critère carbone façonne la sobriété économique et soutient la pérennité de nos modèles dans un monde aux ressources limitées.
Julie PRADEAU | Head of sales & development
Au-delà du discours, quels produits durables convainquent les HNWI ?
Les HNWI privilégient les stratégies climat transparentes, les fonds à impact mesurable et les solutions thématiques liées à la transition énergétique.
Ils recherchent des allocations capables de concilier vision long terme, innovation et maîtrise du risque.
Leur exigence porte avant tout sur la traçabilité : les produits dotés d’indicateurs consolidés, vérifiables et régulièrement mis à jour inspirent le plus de confiance.
Ils attendent surtout des stratégies capables de prouver la réalité de leur impact, année après année, au-delà des cycles de marché.
Comment distinguer une vraie stratégie durable du greenwashing ?
Une stratégie durable authentique repose sur :
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des indicateurs d’impact mesurables,
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des données auditables,
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une méthodologie transparente,
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une cohérence stricte entre discours, allocation réelle et trajectoire carbone.
Le test est simple : si un produit ne démontre pas clairement ce qu’il mesure, comment il le mesure et ce qu’il améliore, il ne s’agit pas de durabilité.
Dans un contexte de vigilance accrue, cette rigueur devient un facteur clé de crédibilité et de différenciation.