La gestion de patrimoine confirme son virage vers des allocations plus diversifiées. Au premier trimestre 2026, les conseillers en gestion de patrimoine (CGP) ont nettement renforcé la place des unités de compte (UC) dans les contrats d’assurance-vie, au détriment des fonds en euros traditionnels.
Selon les dernières données publiées par Nortia, les UC ont représenté 64 % de la collecte brute sur la période, contre 36 % pour les fonds en euros. Un niveau significatif, qui traduit une évolution durable des comportements d’épargne : les investisseurs recherchent davantage de performance potentielle, tout en s’appuyant sur un accompagnement plus fin dans la construction des portefeuilles.
Une allocation plus équilibrée face à l’incertitude
Le début d’année 2026 a été marqué par un environnement complexe : volatilité persistante, tensions géopolitiques et visibilité réduite sur les marchés. Dans ce contexte, les CGP semblent privilégier des stratégies plus équilibrées, mêlant rendement, diversification et maîtrise du risque. L’objectif n’est plus simplement d’opposer prudence et performance, mais de combiner plusieurs moteurs de création de valeur au sein d’une même allocation. Cette logique favorise les solutions hybrides et multi-actifs, capables d’amortir les chocs tout en conservant un potentiel de performance à moyen terme.
Les produits structurés restent en tête
Au sein des UC, les produits structurés conservent leur position dominante. Ils représentent environ 30 % des flux investis sur cette poche au premier trimestre. Leur attrait repose notamment sur leur capacité à proposer des scénarios de rendement lisibles dans des marchés incertains, avec des mécanismes de protection partielle du capital selon les structures retenues. Certaines thématiques sectorielles, comme la défense, les valeurs bancaires ou les matières premières, ont également soutenu leur dynamisme.
La gestion alternative poursuit sa progression
Autre tendance marquante du trimestre : la montée en puissance des stratégies alternatives. Désormais deuxième poche d’investissement au sein des UC, elles séduisent de plus en plus d’investisseurs à la recherche de solutions moins corrélées aux marchés traditionnels. Dans un contexte de volatilité accrue, ces approches apparaissent comme un levier complémentaire de diversification, capable d’apporter résilience et sources de performance différenciées.
Immobilier : une présence encore limitée
À l’inverse, les supports immobiliers restent peu représentés dans les allocations en UC. Malgré les premiers signes d’amélioration du marché et l’assouplissement monétaire engagé par la Banque centrale européenne, leur poids demeure marginal. Les investisseurs semblent continuer à privilégier, pour cette classe d’actifs, des investissements détenus en direct ou via d’autres véhicules spécialisés plutôt qu’au sein de l’assurance-vie.
Une mutation structurelle des portefeuilles patrimoniaux
Plus largement, les chiffres du trimestre illustrent la transformation progressive de l’épargne patrimoniale en France. L’assurance-vie reste une enveloppe centrale, mais son usage évolue : elle devient de plus en plus un outil d’allocation sophistiqué, intégrant plusieurs classes d’actifs et une logique de diversification renforcée.
Pour les CGP, cette tendance confirme aussi la montée en valeur du conseil. Dans un environnement plus exigeant, la capacité à construire des portefeuilles robustes, lisibles et adaptés aux objectifs des clients devient un facteur différenciant essentiel.
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